Bien avant l’entame de ces éliminatoires, aucun observateur ne misait sur les chances des Eperviers de se positionner parmi les meilleurs de ce groupe A et mieux encore, personne ne les imaginait à la tête du peloton. C’est chose faite depuis l’issue de la 4ème journée.
Le Togo, le moins que l’on puisse dire, a dribblé tous les pronostics, fruit de la rigueur et du travail de sape dont l’inspirateur n’est personne d’autre que le technicien, Stephen Keshi.
Son approche du « football total », qui privilégie l’offensive et des valeurs cardinales comme la solidarité, tranche d’avec le système ultra-défensif dont raffolait autrefois la sélection nationale. Résultat des courses, le jeu est plus fluide, léché, attrayant et efficace.
Cette belle stabilité retrouvée, engendre un climat de sérénité, qui permet aux Eperviers de se coltiner des succès, même là où on les attend le moins (NDLR : victoire 3 – 1 sur le Sénégal).
Le nul méritoire ramené du déplacement de Monrovia contre le Lone Star du Libéria (0 – 0), a requinqué le mental des poulains de Keshi qui se comportent désormais comme une déferlante. La belle victoire sur le Congo – Brazzaville, a foncièrement balisé le chemin pour les Eperviers qui se retrouvent depuis lors dans une logique de succès. Le Togo est en route pour une troisième victoire qui pourrait non seulement lui permettre de s’installer dans le fauteuil de leader de la poule A, mais de s’offrir quasiment un des trois billets pour la phase finale de la CAN prévue en 2006 en Egypte, en attendant les rencontres retour programmées l’année prochaine. Il faudra pour y parvenir pour les Eperviers, de pousser à nouveau la chansonnette qui a émoustillé et hypnotisé les Lions de la Teranga du Sénégal et les Diables Rouges du Congo.
Une autre paire de manche !
H. M
AGASSA Kossi : Le rempart infranchissable
Celui que les supporters de l’Africa Sport National de Côte d’Ivoire ont surnommé « l’araignée noire » au cours de son passage dans le championnat ivoirien a prouvé le premier jour qu’il a porté la tunique des Eperviers du Togo contre le Maroc à Lomé qu’il est entré dans le gotha des grands gardiens du football togolais, voire africain.
Doté d’un calme olympien , d’un réflexe étonnant et d’un sens de placement extraordinaire, AGASSA Kossi a réussi match après match depuis sa première sélection en 2000 à marquer son terrain et rentrer dans le cœur des supporters togolais.
De Aigle vert (D2 Lomé) au F.C Metz en passant par l’Etoile Filante de Lomé, les observateurs avisés du football togolais reconnaissent unanimement que l’homme a énormément progressé sur le plan du jeu et au niveau mental.
Taciturne dans la vie quotidienne, il ne l’est paradoxalement pas sur le terrain . Ses rappels à l’ordre incessants aux défenseurs, en est une preuve tangible. Atout indéniable depuis quatre ans pour les Eperviers, le jeune homme a conquis le cœur de tous les sélectionneurs qui sont passés à la tête de l’équipe nationale : Kodjovi MAWUENA, GOETTLIEB Goeller , TCHANILLE Bana , Anthonio DUMAS et Stephen KESHI des techniciens rompus à la tâche qui l’ont érigé N° 1 et depuis, il n’a jamais triché, réalisant dès fois à lui seul plus de 50% des matches des Eperviers.
Alors qu’il était encore à l’Africa Sport en Côte d’Ivoire, AGASSA Kossi a réussi l’exploit de garder ses perches inviolées lors des éliminatoires de la CAN Mali 2002 devant de grandes nations à l’instar du Sily National de Guinée, des Lions du Sénégal et de l’Ouganda.
Travailleur infatigable, le lendemain de la CAN 2002 à Cikasso lui ouvre les portes du professionnalisme et c’est la Lorraine qui l’accueille avec un contrat de quatre ans au FC Metz. A mi-parcours de son bail avec ce club de la Ligue 1 française, il honore au mieux ses engagements vis à vis des dirigeants lorrains et répond toujours aux convocations des Eperviers du Togo.
AGASSA Kossi qui a encore une marge de progression exceptionnelle confirme dans ces éliminatoires CAN-Mondial 2006, tout le bien qu’on dit de lui. Le Togolais n’a encaissé qu’un but en quatre rencontres et à cela, s’ajoute un penalty arrêté face au Sénégal. Que vivement AGASSA puisse garder la même forme pour faire douter les Aigles du Mali.
L. B. S.
STEPHEN KESHI, LE SELECTIONNEUR DU Togo
« Nous sommes sereins ! »
Dans leurs accoutrements de leaders du groupe A, les Eperviers du Togo surfant sur une vague de succès à domicile, accueillent ce dimanche 10 octobre les Aigles du Mali en perte de vitesse et avides de se relancer à Lomé.
Pour nous situer sur les contours de ce match capital et les préparatifs des Eperviers, votre journal Sport Info la Référence a rencontré le sélectionneur des Eperviers, Stephen Keshi.
La victoire contre le Congo Brazzaville (2-0) le 5 septembre dernier lors de la 4ème journée des éliminatoires combinées CAN/Mondial 2006 a permis aux Eperviers de s’emparer du fauteuil de leader du groupe 1.
Qu’est ce que vous retenez de positif ou de négatif dans ce match.
D’abord, tous les joueurs se sont bien battus. Ils se sont bien organisés avec au bout un précieux succès. De négatif, je dirai que l’équipe n’est pas encore conforme à mes aspirations. Je veux avoir une formation plus solide et conquérante, j’y arriverai !
Le Togo a entamé ces éliminatoires par une défaite à Lusaka et se retrouve leader après la 4ème journée. Est- ce que cela vous met la pression dans votre façon d’aborder ce match face au Mali.
(Sourire) Non, je n’ai pas de pression. Je garde ma ligne de conduite comme au début quand je suis arrivé. J’adopte ma stratégie, je suis concentré et voilà…
Depuis votre arrivée, le jeu des Eperviers a pris du volume et est devenu très offensif. Allez-vous garder la même approche ?
Il n’y a pas de raison de changer notre façon de jouer. Même durant ma carrière de joueur, j’ai toujours opté pour un football offensif. Avec les Eperviers, nous avons les joueurs qu’il faut. On ne change pas un système qui gagne !
Votre effectif ne cesse d’être étoffé. Tchangai Masamaesso de Benevento et Coubadja Kader Touré de Servette, ont rejoint l’équipe contre le Congo. Salifou Moustapha devraient retrouver la sélection. N’avez-vous pas quelques appréhensions pour composer votre équipe – type contre le Mali ?
Je pense que c’est une bonne chose pour l’équipe. Une concurrence saine. Cela prouve que si Adebayor n’est pas là, il y aura d’autres solutions et celui qui va le remplacer sera à la hauteur de la mission.
Atté-Oudéyi Zanzan, blessé ( NDLR : au genou), comment allez- vous régler le problème du couloir gauche ?
Selon mes informations, Zanzan en a pour quelques semaines. Cette situation m’emmène à recomposer ma défense pour préserver l’équilibre d’ensemble.
On parle actuellement de certains Togolais évoluant en France, à l’instar de Serge AKAKPO à l’AJ Auxerre (international junior français), Robert Malm (Grenoble). Sont-ils aussi sur vos tablettes ?
Bien sûr ! Je pense à tout le monde. Mais, ce n’est pas Stephen Keshi qui va faire venir les joueurs. L’essentiel revient aux joueurs eux-mêmes. Je peux leur parler, mais c’est à eux de prendre la décision s’ils veulent jouer pour leur pays. Moi, j’ai besoin de tout le monde, tous ceux qui sont compétitifs
Leader de la poule A, le Togo en cas de succès sur le Mali, visera quel objectif, la CAN ou Mondial ?
Je prends les matches un à un.
Vous visez finalement quelle compétition ?
Mon objectif, est de gagner toutes les rencontres ( rires). Le mondial, pourquoi pas ? Le Sénégal l’a fait, c’est possible…
Le championnat national saison 2004-2005 a fourni plusieurs joueurs locaux aux Eperviers. Avez-vous une politique pour la mise en valeur de cette frange ?
Ces joueurs représentent l’avenir. Il y a beaucoup de talents, mais également un immense travail. J’espère que ces locaux vont s’appliquer pour obtenir une place de titulaire dans l’équipe nationale. Je suis persuadé qu’avec le travail et le sérieux, ils vont y arriver.
Votre adversaire, le Mali demi-finaliste de la CAN 2004, est en difficultés dans ce groupe A avec seulement deux points. Avez-vous une idée de l’effectif actuel des Aigles du Mali ?
J’ai la cassette du match Mali - Sénégal et c’est vrai que le Mali a des difficultés actuellement. Mais, le Mali a une grande équipe, une formation talentueuse et une redoutable compétitrice. Nous n’allons pas considérer le fait que le Mali est actuellement dernier du groupe avec deux points pour prendre ce match à la légère. On doit arracher les trois points à domicile face au Mali.
C’est une sélection malienne riche de beaucoup d’individualités à l’instar de Frédéric Kanouté (Tottenham), Seydou Keita (Lens), Mahamadou Bagayoko (Nantes). Avez-vous les armes nécessaires pour surprendre cette équipe ?
Nous respectons tous les joueurs et toutes les formations. Moi aussi j’ai de grands joueurs comme Kader, Abalo , Agassa et Adebayor. Ce ne sont pas les noms qui jouent. Nous ferons mieux les commentaires au soir du 10 octobre
Le soutien du public n’a jamais fait défaut aux Eperviers devant leur public. Quel est votre appel à l’endroit de ce public ?
J’ai toujours adoré ce public qui ne cesse de nous encourager. Je pense que c’est ce qui nous pousse davantage à aller jusqu’au bout. Le facteur public est très important pour nous et comme nous ne le dirons jamais assez, c’est le douzième joueur. C’est le moment où nous avons a le plus besoin de ce public contre le Mali. Nous aussi à notre niveau, nous allons essayer de donner de la joie et du bonheur à ce public.
H. V. A
EDITO : Le match !
Cette année pour le football togolais, est placée sous le signe de la victoire dont les générateurs ont pour nom, les Eperviers.
La venue du technicien Stephen Keshi a considérablement influencé le jeu de l’équipe nationale de football du Togo qui a fait sienne, cette maxime qui proclame qu’ « en football, l’équipe qui présente un jeu bien élaboré » et qui se défait de fioritures et autres artifices, possède plus de chance de s’imposer.
Le parcours des Eperviers dans ces éliminatoires, en est la preuve éloquente.
Le Sénégal et le Congo, exit, les Eperviers en recevant ce dimanche 10 octobre, le Mali, vont passer un test probatoire de leurs capacités à maintenir le cap et à tenir la comparaison devant des adversaires de gros calibres.
Les résultats du Mali, constituent un trompe l’œil et loin d’être étiquetée comme un tigre en carton, cette équipe des dignes successeurs de Fantamadi Keita et Salif Keita, doit inspirer respect.
Aussi médiocres que puissent paraître les performances des Aigles, tout observateur averti, doit se rendre à l’évidence que cette explication s’annonce comme la plus difficile pour le Togo.